Le langage de danse de Minako Seki
Mon fondement de base sur la danse est la suspension
au lieu de la position. Dans un sens métaphorique, je suspends
sur un fil, qui d'un côté est connecté au centre de la terre et
de l'autre à l'univers. Nous sommes tous suspendus avec nos têtes
en bas. C'est comme ça que je reçois toutes les vibrations et
l'influence que je transmets à mon corps. C'est comme ça que je
peux être impressionnée par un morceau de matériel qui suspend
dans un arbre et qui se fait bouger par le vent.
Ma chorégraphie est le résultat des images du monde intuitives,
personnellement developpées et pas (comme dans le théâtre européen
classique) d'une méthodologie rationnelle donnée. La métamorphose,
la transformation magique de soi, est un terme clé pour ma danse.
C'est le premier défi pour moi-même, avec la concentration complète
pour donner de la liberté absolue à mon imagination et à mes sens.
Enseignement
La "Formation de Base" est le fondement des ateliers,
où le participant se familiarise au fait qu'il "suspend", ce que
Minako Seki appelle "Position Universelle". De plus, elle enseigne
la "relaxation", qui signifie être détendu pendant que vous "suspendez"
et la technique du mouvement à travers le principe physique, cinétique
et sa théorie. Elle enseigne encore la traduction de l'imagination
très personnelle propre à chacun, ainsi que la traduction de l'émotion
dans le conscient et l'impression d'images afin de danser. Le
participant apprend aussi à travailler avec l'énergie fondamentale
de son corps, le "Tan-Den". Avec cette énergie, il apprend à créer
de la danse en contact avec ses partenaires ou le groupe entier.
Danse
Si
un parasite affamé avec ses mâchoires affamées se fait remarquer
et vit de vos mémoires, donnez-lui aussi votre corps à manger,
jusqu'à ce qu'il devienne de plus en plus grand, en vous, mangeant
tout. Après, laissez-le danser. C'est tout.
Minako
Seki
Le concept de mon travail chorégraphique
La base de ma chorégraphie est que les
danseurs
bougent
C'est fascinant de regarder un bout de tissu
pendu à une brindille d'arbre, qui se fait bouger passivement
par le vent.
Lorsqu'on prend suffisament de temps pour regarder le tissu qui
se fait bouger par le vent, la perception change. N'est-il possible
que c'est le vent qui se fait bouger par le tissu? Cela signifie
que l'être humain commence à développer ses propres idées. Ainsi,
il se peut que les personnes ne se deplacent pas par elles-mêmes,
mais se font deplacer. Comme le tissu, je me fais bouger, je me
fais pousser et je me fais tirer par ...
Au Japon il y a beaucoup de fantômes, de loin
pas tous mauvais. Les fantômes sont partout. Ils sont pleins d'énergie
de vie et en mouvement comme le vent. En respectant ces fantômes
de loin, en regardant l'espace qui est autour d'eux, vous les
sentez devenir un avec le paysage. Quand leur entourrage reste
immobile, par exemple tard un après-midi au bord de la mer, quand
l'eau et le vent vont dormir, les fantômes sont aussi fatigués
et immobiles. Mais si, par comparaison, vous concentrez votre
regard sur un fantôme qui se trouve dans un arbre et fait bouger
ses feuilles, d'un coup, il a plein d'énergie et de vie, alors
qu'il semblait si fatigué dans le contexte du paysage. Les fantômes
changent donc suivant la perspective de l'observateur et son point
de vue. Ils pénètrent dans le micro- et le macro-cosmos.
Sur l'existence physique sur scène
Sur scène je me laisse me faire bouger par les
fantômes à travers l'imagination. Ma source d'énergie est un petit
soleil, situé dans le Tan-Den, le centre de mon corps.
À travers ce petit soleil il existe un fil fin, dont un bout passe
par la couronne de mon crâne très long jusu'au cosmos et l'autre
bout est tiré tout droit au centre de la terre.
Cette ligne de gravité est la base de ma position de corps. À
travers la gravité tout tombe vers le centre de la terre. C'est
une loi de la nature. Par conséquent, tout pas est une chute,
ce qui signifie : je ne me tiens pas sur la terre, mais j'en suis
suspendu.
Nous sommes tous suspendus de la terre
A l'autre bout, dans le cosmos, il y a un grand
fantôme qui tient le fil dont je suis suspendue. Le fantôme peut
changer sa taille et sa position d'après mon imagination. Je me
fais donc bouger par les changements de taille et de mouvemen
du fantôme
Sur la logique et l'irrationalité
de ma chorégraphie .
Ma chorégraphie est la logique et l'irrationnel
en même temps, ce qui veut dire que tous les sentiments ont une
forme physique. Cette forme est aussi une base très importante
de mon travail, parce que toutes les positions physiques sont
l'émetteur de certains sentiments :
Qu'est-ce que le pas du corps ?
Est-ce que le sentiment est chaud ou froid ?
De quelle couleur est-il ?
Est-ce que c'est opaque ou transparent comme le verre ? Quels
sentiments ont quel arrière-plan ? L'arrière-plan est le paysage.
Vous trouverez les réponses à toutes ces questions dans votre
vie quotidienne et cela est la logique.
Sur l'irrationalité
Tout le monde a des associations, tous les
jours tout le monde voit inconsciemment beaucoup d'images devant
l'oeil intérieur. Seulement beaucoup de personnes ne remarquent
pas comment ces images se développent dans leur hémispahère droit
du cerveau, comment elles viennent et disparaissent à nouveau
comme la mer dans une marée basse.
Je transfère ces images irrationnelles, ces associations et ces
imaginations de l' hémispahère droit dans le mouvement, en les
prenant dans des formes physiques logiquement convaincantes de
la vie quotidienne et en les connectant entre elles. C'est comme
ça que ma chorégraphie surgit.
La chorégraphie que je montre sur scène a bien sûr un public.
Tout le monde dans le public ont leur propre monde d'associations,
et j'offre diverses possibilités pour atteindre tout le monde
dans leurs propres images. Je n'explique pas à travers mes formes
physiques de la vie quotidienne, mais je mène le public dans un
labyrinthe d'associations.
Le mouvement du corps est très abstrait. Par conséquent il est
essentiel de nommer les sensations du corps. Le corps est par
exemple :
un pillage d'eau, dans lequel les os flottent ;
un fouet ;
un incendie dévastateur dans un tube ;
un voile dans le vent ;
des larves de moucherons ;
une montre digitale, et ainsi de suite.
La technique du mouvement
Le corps a des points
Le corps a des petits points innombrables. De chacun de ces points
vous pouvez vous faire déchirer, pousser, souffler ou pousser.
Le corps est une ligne
Dans le corps il y a des lignes innombrables,
mais le danseur doit d'abord connaître la base, la traversée entre
l'horizon et la ligne qui divise le corps verticalement au milieu.
Le corps est une onde
Le danseur par principe doit savoir, où
il se trouve. Il doit savoir, qu'il est ici et non là-bas. Il
doit être présent.
Si vous prenez un morceau de tissu, qui
est suspendu de deux bouts, et vous le cognez à un certain point,
il reviendra à sa position du depart et le tissu entier réagira
dans un mouvement ondulé, quand vous le laissez aller à nouveau
et le laissez suspendre librement. Le corps humain réagit exactement
de la même façon.
Le corps est la forme huit Le corps est un cercle
Quand vous lancez une balle en l'air dans
une trajectoire arquée, elle restera totalement immobile au point
le plus haut pendant un court moment. Cette dynamique arrive au
corps dans la forme huit et dans le cercle.
Quand vous voulez jeter une balle très loin
ou lancer une flèche, vous bougez d'abord votre corps dans la
direction qui est à l'opposée de votre but.
Dans tous vos mouvements vous devez sentir une résistance entre
votre talon et le sol.
Curriculum vitae
née à Tamitsu/Nagasaki. Première rencontre
avec le théâtre japonais moderne avec la troupe KSEC à Nagoya/Japon
(1983-85). Depuis 1985, elle était danseuse pour la Butoh-Dance-Company
DANCE-LOVE-MACHINE, dirigé par Tetsuro
Tamura. En 1986 cette production l'a ramenée
en Europe.
En 1987 elle était co-fondattrice de
tatoeba - THEATRE DANSE GROTESQUE à Berlin.
Comme Professeur / Entraîneur
Depuis 1990, professeur régulier à "Tanzfabrik", Berlin 1992-1998,
professeur à TEATRET CANTABILE 2 au Danemark 1999-2002, professeur
à l'Académie de Figure-Theatre en Norvège
Comme chorégraphe invitée et directrice
1996, "Die Endlösung", Opéra de Michael Hamel
Pour teatret cantabile 2 / Danemark
1996 "Homosapiens"
1997 "Pentotal"
1998 "Osmotic cosmos", co-production avec l'Ecole Nationale de
théâtre de Copenhague
Pour antagon-theatre Frankfurt/M
1997-2000 "Equinox Terminal"
1998 "Human Form"
Comme chorégraphe et danseuse
au tatoeba theatre depuis
1987 dans plus de 39 pièces et productions.
Le travail réussi de tatoeba
était régulièrement soutenu par le Berliner Senat pour la Culture.
La plupart de ces productions incluaient des acteurs invités nationaux
et internationaux.
Comme artiste et chorégraphe dans
le tournage d'une pièce de tatoeba :
"Ju-ni hitoe, or the discover of the soul", avec mention au Berlinale
1993. Ce film a reçu le prix de valeur spéciale aux jeux de festival
de Saarbrücken-Film1994.
Productions courantes
"SCHICHT", 1999, Bremen-Francfort
"Imagine I", 1999 pour le théâtre imaginaire,
Bremen
"noisY garden", 2000, solo de Minako Seki
"Hommage to Rio Reiser", prix de meilleur
solo de dance au "euroscene 2000", Festival of Moderne European
Theatre à Leipzig / Allemagne
"EX ORIENTE LUX", 2001, Berlin
"Glass Anatomies", Berlin Staatsbank 2002,
avec adapt
"Dancing Between", Berlin et Dortmund, 2002
"Tanzfondue", 2003, Berlin
"The Way To The Hidden Garden", 2003, Sapporo/Japan,
avec adapt
"Zoom In", 2004, Butoh Improvisation Serie,
Berlin
"Borderless Split Brain", 2005, Berlin,
Zam Johnson: Musik
BUTOH
Les racines de la danse Butoh, fondé en
1959 par les artistes japonais Atsumi Hijikata et Kazuo Ohno,
remontent dans les années 20, où se developpait la danse expressive
allemande moderne. La danse Butoh crée la rupture avec les principes
rationnel de la danse moderne. Le Butoh est la danse-théâtre de
la tendresse méditative au grotesque excessif. On peut parler
du contemporain.On peut parler du théâtre contemporain contre
la société moderne, qui permet la redécouverte du Japon traditionnel
ou 'ancien' . Le Butoh est une danse expressive qui se soucie
et utilise les connexions classiques entre la danse, la musique
et les masques (-> Kabuki, No theatre).
Le Butoh est une tentative d'exprimer une
autre définition, une autre expérience de la réalité : il essaye
de réduire le malentendu entre realité…et les expériences des
perceptions objectives du monde.
Le Butoh est une forme de danse sans formes
fixes, mais prend des développements différents comme le No-theatre,
le Flamenco, Beckett ou Capoeira par exemple. Le danseur complet,
avec sa propre âme, ses propres rêves, ses propres mémoires et
son propre corps développe la technique. Dans le Butoh l'imagination
joue le rôle le plus important. Le corps est guidé et changé principalement
par son imagination.
Minako Seki a fondé un nouveau style de la danse Butoh en Europe.